Par redaction , 2 décembre 2025
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environnements industriels
Resumé

Les cyberattaques visant les environnements industriels se multiplient et provoquent désormais des arrêts de production majeurs. Le rapprochement entre IT et OT rend les usines plus vulnérables, exigeant segmentation, contrôle strict des accès, gouvernance locale et montée en compétence des équipes. Les récents incidents montrent que la continuité opérationnelle dépend directement du niveau de maturité cyber.

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L’intensification des cyberattaques ciblant les environnements industriels transforme profondément les stratégies de protection des sites de production. Autrefois isolés et faiblement connectés, les systèmes OT (Operational Technology) sont désormais interconnectés avec les systèmes informatiques classiques, ce qui accroît significativement leur surface d’exposition. Les récents incidents ayant entraîné la paralysie de chaînes de production pendant plusieurs semaines montrent à quel point une attaque peut fragiliser l’activité d’un industriel.

La convergence entre IT et OT apporte des gains opérationnels : optimisation de la planification, automatisation avancée, flexibilité accrue et meilleure coordination logistique. Mais cette transformation expose également l’appareil industriel à des menaces plus sophistiquées. Les attaquants, freinés par le durcissement des environnements IT, concentrent désormais leurs efforts sur des systèmes industriels souvent moins bien protégés, où les impacts sont immédiats et potentiellement lourds.

Renforcer la protection des environnements OT

Dans plusieurs groupes industriels, des programmes pluriannuels ont été lancés pour durcir les environnements de production. Ces démarches s’appuient notamment sur une segmentation rigoureuse des réseaux afin d’isoler machines-outils, automates et systèmes critiques. Certains sites ont découvert que des pratiques anciennes – comme l’usage de comptes génériques non modifiés depuis de nombreuses années – constituaient un risque majeur d’intrusion.

Pour encadrer la maintenance et éviter les accès non maîtrisés, des solutions d’accès à distance sécurisées (comme des VPN dédiés ou des bastions industriels) sont déployées. Elles permettent aux techniciens d’intervenir sans dépendre des équipes IT centrales tout en appliquant un niveau de sécurité cohérent avec les recommandations de l’ANSSI, notamment dans le Guide d’hygiène informatique, qui insiste sur la maîtrise des privilèges et l’authentification renforcée.

Vers des identités individuelles et une authentification sans mot de passe

Plusieurs industriels engagent maintenant un chantier majeur : l’unification des identités pour les opérateurs. L’objectif est de remplacer les mots de passe par un badge unique — combinant contrôle d’accès physique, sécurité informatique et traçabilité — associé à un code PIN. Cette approche vise à aligner la production sur les exigences contemporaines d’authentification forte, en cohérence avec les référentiels ISO/IEC 27001.

Un tel modèle impose de sécuriser l’infrastructure, de revoir les processus d’accès et d’accompagner les équipes dans un changement d’habitudes, notamment sur les lignes de production où la simplicité d’usage reste essentielle.

Développer des relais cyber dans les usines

Un autre axe stratégique consiste à structurer des relais cyber directement dans les sites industriels. Ces référents locaux jouent un rôle clé dans l’analyse d’un incident, l’arbitrage entre continuité de production et sécurité, ainsi que la coordination avec les équipes centrales. Ils facilitent la compréhension des risques et renforcent la cohésion entre opérations et cybersécurité.

Cette organisation répond à une difficulté bien connue : la distance culturelle entre les équipes OT et les équipes cyber. En s’appuyant sur des relais reconnus par les ateliers et capables de dialoguer avec les centres d’expertise, les industriels parviennent à fluidifier la gestion d’incidents, à rationaliser la pose de correctifs et à réduire les frictions entre performance et sécurité.

Une cible prioritaire pour les attaquants

Les arrêts de production récents, parfois de plusieurs semaines, rappellent que les infrastructures industrielles sont désormais des cibles privilégiées. Les conséquences ne se limitent plus à un simple dysfonctionnement informatique : rupture de supply chain, pertes financières massives, retards de livraison, dégradation de la réputation et tension accrue sur les partenaires commerciaux.

Pour faire face à ces menaces, une approche globale est indispensable : segmentation rigoureuse, authentification forte, gouvernance distribuée, formation continue des équipes, supervision des environnements et alignement sur les référentiels de sécurité. La continuité opérationnelle dépend désormais directement du niveau de résilience cyber des installations.Risques in

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